Conférence villes connectées un nouveau défi pour les acteurs de l’immobilier et de la construction durables

Résumé des conférences

La Ville Connectée
 Hervé CHARRUE, Directeur de la Recherche et du Développement du CSTB
Au-delà des enjeux du siècle, changement climatique, énergie, ressources, croissance démographique, vieillissement, urbanisation..., et leurs implications économiques et politiques, les formidables enjeux de la ville connectée s’ouvrent à nous. Sera-t-elle, vivable, aimable, attractive ou tout simplement duale?
Avec à la fois avec une logique de continuité et un potentiel de ruptures sans précédents, l’histoire, via un rapide panorama, nous conforte quant à la permanence de la problématique originelle de la ville, celle de la création de valeur, et « l’optimisation » des risques qui lui sont associés.
Sur la base d’un questionnement sur les marchés majeurs, qui positionne les opportunités mais aussi les contraintes de développement aux différentes échelles - locales, nationales et internationales - , la mise en perspective des enjeux de création -destruction de valeur conduit à esquisser des pistes de ruptures, ou de continuité, suivant le niveau de décision - usager, citoyen, société- , pour chacun de ces acteurs et leurs évolutions potentielles entre individualisme et communautarisme.

Ville connectée : vers un nouveau design urbain ?
Florent ORSONI, directeur du design lab ville durable et Christine VIGNAUD, architecte

La ville connectée bouscule les codes et offre de nouvelles opportunités de services. La Chaire Banque Populaire Atlantique - Lippi : environnements connectés questionne les nouveaux usages de ces espaces urbains. En particulier sur le terrain d'expérimentation de la Chaire, le quartier de la création à Nantes, la question se pose de définir des moyens de captation innovants pour aider à la conception de nouveaux services. Retours sur les travaux et expérimentations en cours.

Villes vertes et connectées : quelles textures pour l’urbanisation du XXIe siècle ?
Sonia LAVADINHO, géographe, fondatrice du bureau d'études bfluid et chercheuse au centre de transports de l’EPFL et à l'Université de Lausanne.

Face à l’essor de phénomènes comme la multirésidentialité, la recomposition familiale et plus largement la mouvance globale de transition démographique, la notion d’une vie indivisée et d’un individu stable au fil de cette même vie tend à céder le pas à la notion de cycles de vie et d’un individu changeant au gré des attentes attachées à chacun de ces cycles. Cette évolution des modes de vie vient interroger de manière spectaculaire la permanence de la notion même d’habitat.
Pour mieux analyser les modes d’appropriation de l’habitat contemporain, il nous semble dès lors pertinent d'emprunter un prisme plutôt inhabituel: le temps qui passe.
 Car contrairement aux apparences, c’est bien le temps, et non l’espace, que nous cherchons (depuis toujours) à apprivoiser par notre habitat. L’habitabilité demande ainsi une mise en tension de valeurs complémentaires (mais parfois aussi contradictoires) attachées à la texture et à l'épaisseur de l’habiter, à sa connectivité et à sa durabilité.
Loin d’aller de soi, une telle triangulation pose de vraies questions, et non des moindres:
La question, de la dématérialisation de l’habitat : comment composer une adresse aujourd’hui ?
La question de la connectivité de l’habitat : quel puissance relationnelle engager envers le monde extérieur ou les (multiples) mondes intérieurs qui composent les paysages de nos quotidiens ? La question la durabilité de l’habitat : comment la chose habitée investit-elle nos cycles de vie ?

L’efficacité énergétique à l’échelle de la ville
Claude ARNAUD, Président d’EFFICACITY, Institut de la Transition Energétique

L’objectif d’Efficacity est de mener des travaux de R&D et d’accompagner les acteurs publics et privés de l’urbain qui souhaitent par leurs projets contribuer à l’ambition nationale de transition énergétique.
La démarche novatrice d’EFFICACITY se résume en trois points :
- Penser l’efficacité énergétique à l’échelle des quartiers et de la ville, et non plus à - l’échelle des bâtiments ;
- Appréhender la ville dans toute sa complexité donc de façon systémique (bâti, infrastructure, réseaux, etc.) ;
- Prendre en compte autant les usages que les technologies.
Pour EFFICACITY, le déploiement des technologies du numérique dans l'urbain offre une triple opportunité :
1- De nouveaux outils informatiques intégrés vont aider à la conception, la réalisation et l’exploitation de projets urbains de façon plus performante.
2- Les nouveaux services numériques offerts aux usagers viennent transformer en profondeur nos comportements et nos usages de la ville et optimiser notre consommation de ressources.
3- Enfin et surtout, pour nous industriels, la capacité de collecter et d'analyser de grandes masses de données sur les usages va peu à peu permettre de mieux appréhender la complexité du fonctionnement urbain et ainsi d’adapter l’offre à la demande.
Il appartient aux chercheurs et industriels d'anticiper et d’accélérer ces transformations profondes pour que l’on puisse accéder aux performances et à la qualité de vie que pourra offrir la « ville intelligente ». EFFICACITY souhaite pouvoir contribuer à cette grande ambition au travers de ses travaux sur l’efficacité énergétique de la ville.

Débat avec la salle animé par Jean CARASSUS, FRICS