Fabien Esculier, chercheur à l’École, médaille d'argent de l’Académie d’Agriculture de France

01 octobre 2018

Fabien Esculier, chercheur et coordinateur du programme de recherche OCAPI (Optimisation des cycles Carbone, Azote et Phosphore en ville) de l’École des Ponts ParisTech, vient de recevoir la médaille d’argent de l’Académie d’Agriculture de France pour ses recherches sur le recyclage des urines humaines en engrais. Cette médaille est destinée à récompenser une thèse de grande qualité, dont l’analyse est réalisée et publiée par l’Académie d’Agriculture de France.

Un nouvel éclairage scientifique qui rouvre des champs de débats quasiment disparus depuis un siècle

Fabien Esculier a apporté un éclairage nouveau sur la gestion de l’urine humaine en l’abordant sous l’angle de la transition écologique. En effet, l’urine concentre l’essentiel des éléments excrétés par le corps humain : sa collecte en vue de produire des engrais, très largement pratiquée à Paris au XIXe siècle, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle économie circulaire. L’urine n’est pas un déchet mais une ressource actuellement délaissée.

Le programme OCAPI, porté au sein du Leesu (Laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains), vise à étudier et accompagner les évolutions possibles des systèmes alimentation/excrétion urbains et plus particulièrement des modalités de gestion des urines humaines. Le tout-à-l’égout présente de nombreux avantages qui ont favorisé sa diffusion au XXe siècle en France, jusqu’à devenir la solution dominante de gestion des urines en ville. Toutefois, il présente aussi de nombreux inconvénients : en particulier, il ne permet pas aujourd’hui de valoriser les principales ressources présentes dans l’urine.  Le programme OCAPI cherche ainsi à rouvrir, à l’aune des impératifs de la transition écologique, le débat dont le tout-à-l’égout a fait l’objet au XIXe siècle en France.

Une ressource insoupçonnée, fondamentalement renouvelable

Alors que l’agriculture actuelle dépend d’engrais dont la production consomme des ressources non renouvelables, la collecte sélective des urines pourrait permettre de disposer d’une ressource salubre et renouvelable, et de retrouver une réciprocité entre villes et campagne. Elle questionne aussi plus fondamentalement l’évolution nécessaire de nos systèmes de gestion de l’alimentation et de l’excrétion, en recréant un lien perdu entre ces deux besoins physiologiques fondamentaux et en ouvrant la voie vers une plus grande sobriété, une plus faible pollution et une meilleure circularité.

Par rapport à nos voisins européens, la France n’a que très récemment investi ce champ mais les recherches et réalisations se développent rapidement. Plusieurs réalisations existent déjà à petite échelle et des réalisations de plus grande échelle devraient bientôt voir le jour.

 

► En savoir plus sur le programme OCAPI