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ECOLE NATIONALE
DES PONTS ET CHAUSSEES

Kumar GUHA

mise à jour : 16.01.2006

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L'Open Access (1) - L'engagement des scientifiques

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Souhaitant avoir un accès gratuit et immédiat à leurs publications, des communautés de scientifiques ont créé dès 1991 des serveurs pour stocker leur préprints, puis leur postprints, afin de contourner le problème des abonnements coûteux à leurs propres publications. Ces initiatives prirent la forme de déclarations internationales (Open Access Initiative). Ces serveurs institutionnels ou thématiques, interopérables, gagnent en contenu et en visibilité, notamment grâce à des moteurs de recherche tels que Google ou Yahoo!


 

Ce dossier est constitué à partir d’articles et d’informations réunies essentiellement sur internet entre 2003 et janvier 2006. Les sources ayant servi à un chapitre précis sont citées à la fin dudit chapitre. On se reportera aux liens utiles pour les adresses de référence en matière d’Open Access.

   

L'"auto-archivage" par les chercheurs
Refusant de céder la totalité de leurs droits patrimoniaux et contestant les prix exorbitants des abonnements, les chercheurs en physique théorique, en mathématiques, en médecine, puis en sciences cognitives développèrent, entre 1991 et 1997, des serveurs pour stocker leurs publications avant parution (preprints), puis après publication dans un journal scientifique (postprints). Ces serveurs sont accessibles à l'ensemble de la communauté scientifique internationalement.
Ce mouvement prit de l'ampleur et fut relayé par les organismes financeurs de la recherche, donnant lieu à plusieurs déclarations de scientifiques et d'organismes de différents pays réunis à Budapest (2002), puis à Berlin (2003, 2004 et 2005), ce qui obligea les éditeurs à céder à cette pression et à accepter, pour 80% d'entre eux, des dérogations à leurs contrats de cession des droits d'auteur.
Ainsi, un chercheur peut aujourd'hui déposer son article sur un serveur institutionnel (aussi appelé "réservoir"; en anglais :"repository") "Open Access", recevoir aussitôt des commentaires de ses pairs, corriger son article et le proposer à un éditeur. L'éditeur récupère ensuite l'article sur le serveur, le soumet au comité de lecture et publie l'article définitif dans sa revue. L'auteur publie alors la version définitive corrigée de son article sur le serveur "Open Access".
Les projets de libre accès (meilleure traduction possible, mais on rencontre plus souvent "archives ouvertes") concernent également les échanges de données servant à la recherche. L'exemple sans doute le plus ancien en France est celui du Centre de Données Astronomiques de Strasbourg. Un nombre grandissant de journaux, tels que Nature, demande aux chercheurs soumettant une publication que les données ayant servi à leurs recherches soient librement accessibles.


Une base technologique commune
La majorité de ces serveurs opère selon des critères communs, tels que le Dublin Core pour les métadonnées et l'utilisation presque généralisée du logiciel "eprints". Ceci permet, entre autres, de collecter facilement les informations des serveurs de texte "OA" sur d'autres serveurs, ce qu'on appelle l'interopérabilité. Un projet britannique vise la réalisation en 2006 d'un programme permettant les échanges entre Eprints et Dspace, plate-forme Open Source pour documents électroniques.
A cela s'ajoutent des fonctionnalités de reconnaissance de contenu avec la technologie ACI, et grâce à des contraintes comparables aux "instructions aux auteurs", l'utilisation possible du format XML. On prédit également un grand avenir aux projets STIX (Scientific and Technical Information Exchange) et EIO (Essential information Objects) qui devraient faciliter le traitement d'une plus grande variété de données.

Les réservoirs et les bases de données"Open Access"
Parmi les serveurs ou réservoirs les plus connus et les plus fournis, on citera arXiv.org, Cogprints et PubMed. En France, on citera le CCSD, initiative du CNRS, qui inclut un miroir de arXiv et des publications françaises sur plusieurs « serveurs » (publications, thèses, cours, serveurs thématiques).
De plus, les bases de données OA, à l'exemple de PubMed Central (PMC), offrent des fonctionnalités tout à fait comparables à celles d'un produit comme ScienceDirect (Elsevier). La plate-forme européenne Cyclades, dont la version bêta a été lancée en 2005, proposera notamment : constitution de fonds paramétrables pour une communauté de chercheurs, profils d'alerte automatisés, partage de documents, annotations, etc. Le CCSD propose des accès portant sur une partie des archives, par thématique ou par organisme producteur et des alertes par courrier électronique.
Des moteurs dits "moissonneurs" ou "OA harvesters" sont également apparus. Les plus connus sont OAIster (Université du Michigan), Citeseer, Xcat (thèses), l'infothèque francophone (ressources pédagogiques) et, depuis 2005, le portail Sudoc (réseau de l'enseignement supérieur français). Ils recensent les publications de différents serveurs OA, avec, parfois, une indexation du document (mots clés). "Citeseer " a développé, grâce à la technologie ACI, un système de citations croisées qui n'est pas sans rappeler le Science Citation Index (Thomson ISI).
Malgré leur jeune âge, ces bases constituent une référence de plus en plus viable, au regard de la diffusion du savoir. OAIster, par exemple, recense déjà plus de 6 millions d'articles accessibles intégralement et gratuitement, et un accord conclu en 2005 avec le célèbre moteur de recherche "Yahoo!" devrait lui permettre de proposer des fonctionnalités nouvelles tout en lui donnant plus de visibilité.


Une visibilité qui accroît le facteur de citation
Il est désormais avéré qu'un article stocké sur une "archive ouverte" est plus souvent cité qu'un article publié traditionnellement, ce qui avait déjà été montré par une étude de la bibliothèque de l'université de Caroline du Nord. Thomson ISI, productrice du Journal Citation Index, ajoute que, d'après les autorisation données par les éditeurs, 56% des articles indexés par le Web of Science pourraient aujourd'hui être stockés par les auteurs sur des sites institutionnels.


Les publications des chercheurs de l'École des Ponts ParisTech
Les chercheurs de l'École des Ponts ParisTech ont peu d'obstacles à la mise en ligne de leurs publications sur un site institutionnel. Le service documentaire de l'École des Ponts ParisTech a effectué en juillet 2004, un sondage auprès d'éditeurs ayant publié des articles ou communications de congrès de chercheurs de l'Ecole. Les réponses des grands éditeurs (qui ne sont pas forcément éditeurs de revues) montrent, à l'instar de ceux répertoriés par la base RoMEO, une certaine ouverture à l'égard du stockage sur un serveur Open Access :
Balkema (Taylor & Francis) : autorisation de mettre en ligne les articles, communications de congrès, publiés par cet éditeur sur l'intranet immédiatement, puis sur un serveur OA 12 mois après publication. Ceci s'applique sur tout ce qui a déjà été publié.

Swetz & Zelinger : contractuellement, seul l'auteur (publisher) a le droit de stocker ses publications. L'éditeur (editor) autorise donc ce stockage si l'auteur est d'accord.

LCPC : éditeur des Journées Scientifiques des Ingénieurs, le Lcpc autorise les auteurs de l'École des Ponts ParisTech à stocker leurs communications sur leur page personnelle.

Lavoisier : le contrat anglais stipule la possibilité pour l'auteur de stocker ses articles publiés à condition de citer la référence du journal et d'ajouter un lien url vers la version publiée par Lavoisier. Le contrat français n'indique rien en la matière.



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      Sources

Tarifs d’abonnement en augmentation :
http://www.guardian.co.uk/Archive/Article/0,4273,4193292,00.html .
"Scientific publishing", The Economist, 5 aout 2004.

Declarations internationales OAI : voir les liens utiles
Liste à jour des éditeurs autorisant la pré- et/ou la post-publication se trouve à cette adresse : http://www.sherpa.ac.uk/romeo.php?all=yes
Sur les projets XML, voir, par exemple pour les Etats-Unis, http://amf.openlib.org/doc/ebisu.html ; pour la France : http://www.adnx.org/ . Pour le système ACI, voir http://citeseer.ist.psu.edu/aci-computer/aci-computer99.html .
Concernant le taux de citation des articles OA : http://www.lib.ncsu.edu/staff/kantelman/do_open_access_CRL.pdf , http://eprints.rclis.org/archive/00001426/ .

Sur Lavoisier, voir :
le contrat français : http://www.editions-hermes.fr/pdf/Cession-droit-revues-FR.pdf ; le contrat en anglais : http://www.editions-hermes.fr/pdf/Cession-droit-revues-GB.pdf : Ces contrats sont obtenus depuis les consignes aux auteurs de la Revue Française de Génie Civil : http://rfgc.e-revues.com/appel.jsp ,

 

 

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