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La construction Navale : rêve et passion dans un univers stratégique
et industriel
Source : D'après une Interview accordée à X-passion.
Deux hommes : Jean-Louis Rotrubin et Pierre Quinchon, une formation :
X72 - ENSTA 75, une passion : les sous-marins pour deux parcours au sein
de la direction des Constructions navales qui se suivent sans être tout
à fait identiques, mais surtout sans rivalité aucune. J-L Rotrubin, directeur
de l'établissement de Brest et P.Quinchon, directeur de la branche Construction
neuves, nous ont fait partager leurs expériences, leurs souvenirs et leur
vision de la DCN et du métier.
Vous nourrissez une même passion pour les sous-marins, qu'est-ce qui
a motivé votre entrée et un parcours si long au sein de la DCN ?
J.-L. Rotrubin
La construction du Redoutable, premier sous-marin nucléaire Français,
a débuté en 1972 alors que nous étions étudiants. Le lancement du programme
de dissuasion nucléaire en a fait un produit phare et attirant pour de
jeunes ingénieurs. Nous avons également en la chance de rencontrer certains
de nos prédécesseurs, devenus des figures mythiques, ayant participé à
la conception de ces engins. Ils étaient à la recherche de passionnés
prêts à tenter l'aventure. De plus, nous suivions très attentivement la
construction de navires de marins célèbres (E. Tabarly et F. Arthaud).
La passion et le rêve étaient au rendez vous dans un univers stratégique
et industriel.
P. Quinchon
La perspective de participer à des projets d'une telle ampleur et la garantie
de s'épanouir dans des métiers variés (les domaines d'activité de la DCN
étant très larges : informatique, mécanique, physique, management, commercial,
achats, juridique) et tous intimement liés à l'industrie m'a convaincu.
Par ailleurs, j'ai toujours été attiré par la voile et nourri un grand
intérêt pour la construction navale. J'ai découvert les bateaux de guerre
à la DCN et n'ai depuis jamais regretté d'avoir fait ce choix.
Vous avez suivi des parcours professionnels assez similaires...
P. Quinchon
L'un des points forts de la DCN est de confier très tôt de vraies responsabilités
à ses jeunes cadres. Nos homologues étrangers, et américains en particulier,
sont toujours étonnés de constater qu'à postes équivalents ils ont vingt
ans de plus que leurs confrères ! Nous avons de plus pu alterner fonctions
de bureau d'études, d'ingénieur construction, travailler à l'export, avec
pour fil conducteur une carrière dédiée aux sous-marins.
J.-L. Rotrubin
Exercer à la DCN, c'est l'assurance de participer à la gestion de grands
projets internationaux. En revanche, nous oeuvrons sur le long terme,
il faut donc envisager l'investissement personnel dans cette optique.
Notre plus grande récompense est de pouvoir tester les bâtiments que nous
avons conçus, tels des pilotes d'essai.
Quelles sont les caractéristiques du métier ?
P. Quinchon
Nous exerçons avant tout des métiers « d'hommes », de main d'oeuvre, nos
usines n'étant pas automatisées. La construction militaire ne connaît
pas de série et multiplie les prototypes. Cela suppose une grande réactivité
et de savoir gérer les inévitables aléas.
Quels sont les domaines d'activité de la DCN et ses grands défis de
demain ?
P. Quinchon
La DCN conçoit, construit et maintient en état opérationnel les navires
de guerre de l'état français. Elle a parallèlement opéré une diversification
et réalise 25% de son chiffre d'affaires à l'export pour le compte de
clients tiers. Aujourd'hui une administration d'état, la DCN va changer
de statut en 2003 pour devenir une entreprise à part entière. Un grand
défi qu'il nous faut cependant relativiser, nos activités export s'exerçant
déjà dans une optique d'entreprise commerciale.
J.-L. Rotrubin
Ayant toujours travaillé dans une optique industrielle et étant entrés
à la DCN justement pour exercer dans l'industrie (et non pas à proprement
parler pour l'état), nous attendions et préparions cette évolution depuis
trente ans.
Quels sont selon vous les points forts des ingénieurs des Ponts et Chaussées
dans la vie active ?
J.-L. Rotrubin
Ils sont depuis toujours très ouverts sur les technologies les plus pointues,
mais aussi sur nombre d'autres domaines et sont de fait des généralistes
accomplis. Une caractéristique qui leur permet d'exercer de nombreux métiers
et même des carrières riches.
P. Quinchon
Ce qui compte dans la vie active, c'est la curiosité et la capacité d'adaptation,
autant de qualités dont sont dotés les X.
Un conseil à vos jeunes condisciples ?
J.-L. Rotrubin Nous avons tous deux débutés à des fonctions terrain,
ce qui nous a permis d'acquérir les compétences de base du métier ; une
expérience qui, dans tous les secteurs, est des plus formatrice pour un
ingénieur appelé à occuper un poste à responsabilité.
P. Quinchon
De garder l'envie d'être ingénieur, de rester ouvert et à l'écoute afin
de continuellement progresser.
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