Naissance : 1905[Paris]
Décès : 1986
Promotion IPC : 1928
Né à Paris d’une famille provinciale de 6 enfants, ses parents étant de Touraine et du Bourbonnais, Jean BELLIER partagea son enfance entre plusieurs villes, au gré des nominations de son père au sein de la société des chemins de fer Paris-Orléans.Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées en 1928, Jean BELLIER commença sa carrière à la Société Hydroélectrique de la Cère, dans le Massif Central. Suite à la faillite de la compagnie au début des années 1930, il rejoignit le Service d’Aménagement de la Haute Dordogne dirigé par André COYNE, lequel organisme fut transformé en Service Technique des Grands Barrages en 1935. Jean BELLIER devint très vite le chargé d’études d’André COYNE et participa à la conception du barrage de Marège sur la Dordogne. André COYNE l’entraîna ensuite sur le projet du barrage de l’Aigle, toujours sur la Dordogne. Jean BELLIER fut le concepteur de cet ouvrage qui amplifie les innovations de Marèges.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la société conçut aussi le barrage de Chastang sur la Dordogne et d'autres ouvrages de la zone Sud depuis ses bureaux transférés à Mauriac (Cantal). Jean BELLIER fut un membre actif du réseau de Résistance du barrage de l'Aigle, dit "Barrage de la Résistance" dirigé par André DECELLE (Commandant Didier) qui deviendra Président d'EDF après la guerre. En 1944, le réseau participe aux harcèlements et combats contre les allemands. Jean BELLIER fut ainsi l’auteur de plusieurs dispositifs destinés à entraver leurs déplacements.
La guerre terminée, en 1947 ensemble avec André COYNE ils fondèrent le bureau d'études André COYNE et Jean BELLIER (ACJB). Ce bureau eut d’abord pour client EDF dont il conçut les premiers barrages. Sous l’impulsion de ses dirigeants, ACJB devint un des grands acteurs du monde des barrages en signant toute une série de premières mondiales en termes d'innovations conceptuelles et techniques, et une référence unanimement reconnue dans le domaine de l’hydroélectricité.
Jean BELLIER supervisait tous les projets et fut personnellement l’auteur de plusieurs d’entre eux ou contribua activement à leur conception : Bin El Oudiane au Maroc (1953), Mellegue en Tunisie avec ses voûtes multiples (1956), et Roselend en France qui, avec sa spectaculaire voûte en coquille d’œuf, apporte des solutions conceptuelles ingénieuses et très élégantes à un site géologiquement complexe (1962).
Dans un tout autre domaine, il conçut les caissons des réacteurs nucléaires graphite-gaz de Marcoule, ceints de gros câbles de précontrainte déjà utilisés sur certains barrages (1959). Cette réalisation lui valut la Légion d’Honneur.
Après la rupture catastrophique du barrage de Malpasset en France en 1959 et le décès d’André COYNE en 1960, Jean BELLIER assura seul la direction du bureau d’études. Il conduisit de front la recherche des causes de cette catastrophe avec le souci de la vérité scientifique qui le caractérisait, et les équipes d’ACJB travaillant avec le laboratoire de mécanique des solides de l’Ecole Polytechnique découvrirent des comportements rocheux insoupçonnés à l’origine de la rupture ; la conclusion des procédures judiciaires par le Conseil d'Etat étant par ailleurs que la catastrophe était attribuable à la fatalité.
En 1962, pour préserver l’avenir du personnel d’ACJB, Jean BELLIER décida de le rassembler dans une nouvelle société : « COYNE et BELLIER – Bureau d’Ingénieurs Conseils» dont il prit la Direction Générale. Il contribua ainsi aux barrages de Jatiluhur (Indonésie 1967) et Daniel Johnson (Canada 1968).
En 1976, Jean BELLIER arrêta alors ses activités au sein du bureau d’études pour se consacrer à des recherches personnelles et à la promotion de l’usage d’instruments de mesures par cordes vibrantes initialement conçus pour l’auscultation des barrages (TELEMAC).
Au sein de la Commission Internationale des Grands Barrages, il présida pendant plusieurs années à la mise à jour du Dictionnaire Technique des Barrages. Enfin, il est l'auteur du Que Sais-je "Les Barrages" (1982).