Naissance : 1774[Paris]
Décès : 1862[Paris]
Promotion IPC : 1795
A la fin de ses études au collège Louis-le-Grand en 1792, Biot s'engage comme canonnier dans l'armée du Nord et prend part à la bataille de Hondschoote. Reçu élève ingénieur à l’Ecole des Ponts et Chaussées en janvier 1794, on dit que Perronet l’interrogea sur son lit de mort. Il quitte cette école en novembre 1795 pour intégrer la première promotion de l’Ecole Centrale des Travaux Publics (future Ecole Polytechnique) et se fait remarquer par Monge qui reconnaît en lui un élève brillant. C’est ce même professeur qui sauvera Biot après les événements du 13 vendémiaire an IV. Nommé en 1797 professeur de physique à l'Ecole centrale de Beauvais, examinateur d'admission à Polytechnique en 1799, il obtient en 1800 la chaire de physique mathématique au Collège de France. C’est à cette époque qu’il rencontre Laplace qu'il seconde dans la correction des épreuves de son ouvrage Mécanique céleste.
Ses travaux, qui concernent aussi bien les mathématiques et l'astronomie que la physique et la chimie, lui ouvrent les portes de l'Académie des sciences en 1803. Il identifie l’origine extraterrestre des météorites et publie cette même année son Essai sur l'histoire générale des sciences pendant la Révolution française. Avec Gay-Lussac, il effectue en 1804 une ascension aérostatique pour observer la dépendance du magnétisme terrestre avec l’altitude et parvient à monter jusqu’à 3400 mètres. Il établit aussi à cette époque après une série de mesures sur les métaux une théorie de la conduction de la chaleur. Nommé membre adjoint au Bureau des Longitudes en 1806, il se rend en Espagne avec Arago pour effectuer des opérations géodésiques destinées à prolonger la mesure du méridien de France jusqu'aux Baléares. Il effectuera des vérifications similaires en Ecosse et aux îles Shetland en 1817, en Italie et en Sicile en 1825, pour finalement conclure en 1827, dans un Mémoire sur la figure de la terre, que l'action de la pesanteur n'est pas la même sur tous les points d'un même parallèle.
Parmi les nombreuses recherches de ce savant, ses travaux sur la polarisation de la lumière eurent des conséquences importantes. Biot a l'idée dès 1807 d'appliquer les lois de polarisation de la lumière à la recherche de l'état de cristallisation des corps. Sa méthode lui permet ainsi de distinguer les sucs végétaux et surtout de mesurer les proportions de sucre cristallisable qui restent dans les mélasses. Son appareil de 1815, le saccharimètre, sera utilisée en médecine pour diagnostiquer le diabète. Biot est titulaire de la chaire d'astronomie à la Faculté des Sciences de Paris à partir de 1809. Il ambitionne le titre de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, mais ses deux candidatures se soldent par des échecs. Cependant ses oeuvres littéraires, dont son Eloge de Montaigne, le font élire à l'Académie française en 1856.