Naissance : 1738[Le Tronquay]
Décès : 1809[Paris]
Promotion IPC : 1784
Ingénieur au Siècle des Lumières, Nicolas Brémontier illustre parfaitement cette période par l'esprit d'invention qu'il sut mettre en œuvre dans la lutte contre l'envahissement des Landes de Gascogne par les sables à laquelle son nom reste à jamais attaché.
Ses parents, riches cultivateurs jouissant d'une grande influence ont pu l'envoyer suivre les cours de l'École des Ponts et Chaussées. Il débute sa carrière à Toulon comme professeur de dessin et de mathématiques à l'École d'artillerie en 1762 et occupe ensuite diverses fonctions comme sous-ingénieur à Bordeaux et à Caen, puis dirige en Bretagne les études de navigation pour la jonction de la Vilaine à la Rance. En 1784, ingénieur en chef chargé de la province de Guyenne, il va y laisser son empreinte par l'importance des travaux qu'il conduit de l'assèchement des marais à la construction de routes et de ponts mais surtout par l'action qu'il mène dans cette région contre l'avancée des dunes de sable menaçant l'existence des habitations et des villages. Utilisant ses connaissances étendues en agriculture et en minéralogie, il a l'idée de faire planter des semis de pins maritimes pour fixer les dunes suite aux premiers travaux entrepris au début du XVIIIe siècle par Jean-Baptiste de Ruat, Captal de Buch. Il effectue de premiers essais en 1787 dans la région de La Teste en protégeant les semis du sable et du vent par des palissades et des clayonnages. Le procédé se révélant concluant, il va en étendre progressivement l'application sur toute la côte entre la Gironde et l'Adour. Cet ensemencement se poursuivra jusqu'en 1876 et couvrira 88000 hectares. Par son action innovatrice et persévérante, qui au début ne fut pas à l'abri des critiques et du scepticisme, Nicolas Brémontier a non seulement sauvé le pays des sables, mais l'a également doté d'une des plus grandes et des plus productives forêts d'Europe, redonnant vie à une région menacée de désertification. Il meurt en 1809 de tuberculose.