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CAQUOT Albert

Ingénieur, entrepreneur, enseignant

Naissance : 1881[Vouziers]
Décès : 1976[Paris]
Promotion IPC : 1905

 

Grâce à ses ballons saucisses, les alliés gagnèrent la Première Guerre Mondiale

Portrait de Caquot - ENPC
Portrait de CAQUOT © ENPC

Biographie

 

Admis à Polytechnique à dix-huit ans, il choisit le corps des Ponts et Chaussées. Pour son premier poste, il est nommé à Troyes où il réalise l'assainissement des bas quartiers. Parallèlement, ses centres d'intérêt s'orientent d'une part vers le béton armé, de l'autre vers l'aéronautique. En 1912, en effet, il quitte l'administration et s'associe avec Armand Considère avec qui il réalise plusieurs ouvrages et poursuit des recherches.

La guerre de 1914 interrompt momentanément son travail sur le béton car il est mobilisé comme capitaine d’une compagnie d’aérostiers. Pour remplacer les ballons sphériques trop sensibles au vent, il invente un ballon allongé en forme de saucisse ou ballon M et perfectionne également les systèmes d'attache au sol par de nouveaux treuils. Ces inventions dont il fait don aux armées alliées lui valent la reconnaissance et plusieurs décorations. Par ailleurs, Clemenceau le nomme directeur technique de l'aviation militaire en 1918. Après la guerre, il revient à sa carrière de constructeur dans l'entreprise Pelnard-Considère et Caquot et multiplie les inventions : théorie générale de la granulation des bétons, mise au point de caissons en béton armé, création de la notion de "courbe intrinsèque" pour définir les limites du domaine élastique de la matière, mise au point de la théorie fondamentale de l'adaptation (1930).

De nombreux ouvrages sont réalisés selon ses plans : des ponts en béton (le pont des Usses en Haute-Savoie et le pont Lafayette à Paris, en 1928, le pont Georges V à Glasgow...), des barrages (barrage sur la Sélune, de Vezins (1929-1932), de Mantasoa à Madagascar en 1937...), la structure interne du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro en 1928-1930, des hangars d’aviation avec auvent de grande portée (Fréjus en 1935), un môle d’escale au Verdon à l’embouchure de la Gironde pour les paquebots en 1934, la forme de radoub horizontale à Saint-Nazaire en 1935 etc.

A partir de 1922, il devient professeur à l'Ecole des mines puis à l'Ecole des ponts et chaussées où il enseigne le cours de Béton Armé (1934-1936), puis celui de Résistance des Matériaux (1936-1951).

 

En 1934, l'Académie des Sciences l'élit dans sa section de mécanique et en 1938 Président de la Société des Ingénieurs Civils de France. Cette année-là, il est appelé à diriger toutes les sociétés nationales d'aviation pour régulariser et accroître leur production. Les résultats positifs ne se font pas attendre et la guerre éclate très vite il ne peut mener à bien sa mission. Il démissionne en 1940 et revient définitivement à la construction d'ouvrage.

En 1947 l'Ecole Polytechnique célèbre son jubilé scientifique. En 1948, il préside le Comité Energétique pour l'Equipement Français et fait croisade en faveur de la houille blanche, énergie purement nationale. En 1952, il assure la Présidence de l'Académie des Sciences. Sa notoriété ainsi que l'intérêt passionné qu'il portait à toute activité lui valurent d'être appelé à présider plusieurs sociétés, notamment l'Association Internationale de Normalisation (ISO), l'Association Française de Normalisation (AFNOR), la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, la Fédération des Associations et Sociétés Françaises d'Ingénieurs, le Conseil National des Ingénieurs Français, la Commission d'Etudes Générales et d'Organisation Scientifique (CEGOS), le Comité Français de Mécanique des Sols, l'Association Scientifique de la Précontrainte. Il fut également membre du Conseil Economique et Administrateur d'Electricité de France, sans oublier que nombre d'Universités étrangères lui conférèrent le doctorat honoris causa.

Il consacra la fin de sa vie à l’étude des problèmes économiques, énergétiques et techniques, comme par exemple l’étude de l’usine marémotrice de la Rance. (1961-1966) ou sa proposition en 1967 d’un pont sur la Manche.

En 2001, un timbre est émis pour le 120e anniversaire de sa naissance et le 25e anniversaire de sa mort.

 

Depuis 1989, le Prix Albert Caquot est décerné chaque année par l'Association Française de Génie Civil à un ingénieur pour l'ensemble de sa carrière, en particulier pour ses travaux scientifiques et techniques, mais aussi pour ses qualités morales et son rayonnement dans le monde de la construction.