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COLSON Clément

Politique, enseignant, économiste

Naissance : 1853[Versailles]
Décès : 1939[Paris]
Promotion IPC : 1878

Clément Colson, économiste réputé, connut une carrière atypique en choisissant de s'orienter, après l'École polytechnique (1873) et dès sa sortie de l'École des Ponts et Chaussées (1878), vers la haute fonction publique et l'enseignement plutôt que d'exercer le métier d'ingénieur.

Portrait de Colson - ENPC
Portrait de COLSON © ENPC

Biographie

 

Admis en 1873 à l'Ecole Polytechnique, il est le condisciple d'Henri Poincaré. Durant sa scolarité à l'École des Ponts et Chaussées, il prépare sa licence de droit. À sa sortie, il réussit le concours d'entrée au Conseil d'État et est nommé auditeur et détaché au ministère des Travaux Publics. Il y mènera pendant 17 ans une brillante carrière en devenant en 1923 Vice-Président jusqu'en 1928, date à laquelle il fut mis à la retraite. Adjoint d'Alfred Picard à la Direction des routes, des chemins de fer et de la navigation en 1885, il se consacre pendant 5 ans à la réforme et à l'unification des tarifs des chemins de fer. En 1894, il est nommé directeur des chemins de fer. D'un caractère entier, il a la réputation de soutenir ses idées envers et contre tout. Les relations avec les ministres de tutelle s'avèrent souvent difficiles, et il finit par proposer sa démission plutôt que d'accepter le compromis. Jusqu’à la fin il s’intéressa particulièrement aux questions économiques intéressant les travaux publics et spécialement l’exploitation des chemins de fer. Il participa notamment aux travaux du Congrès International des chemins de fer où sa compétence était justement appréciée. Il débute à partir de 1885 son activité professorale, d’abord à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales, qui débouchera sur la publication en 1890 de « Transports et tarifs ». C’est à partir de 1892 et pendant près de 40 ans, qu’il enseigne à l'École des Ponts et Chaussées en rénovant l’enseignement économique. En 1909, il devient également professeur à l'École libre des sciences politiques, et grâce à la publication de 1901 à 1907 de son cours d’Economie Politique, il entre en 1910 à l’Académie des Sciences Morales et Politiques. On peut ajouter à cela, une chronique trimestrielle dans la « Revue Politique et Parlementaire » sur les « Questions de Transport » qu’il tînt de 1896 à 1932. Ses principaux travaux restent attachés à l’exploitation des monopoles. Spécialiste des voies de communication et plus particulièrement des chemins de fer, ses travaux d'économiste sont liés à ce domaine. Il a notamment l'idée de rattacher les questions de tarif à une théorie générale ce qui l'oriente vers l'étude du monopole et du mécanisme des prix. Sa théorie de la détermination du salaire et de l'intérêt lui est inspirée par l'examen des projets d'équipement des gares. On rattache souvent sa doctrine d'économiste libéral à celle de l'économie mathématique, ce dont il se défendait, invoquant l'importance du facteur psychologique dans les phénomènes économiques.