Naissance : 1804[Fossano]
Décès : 1866[Paris]
Promotion IPC : 1829
Jules Dupuit est un peu tombé dans l'oubli aujourd'hui car il n'est sans doute l'auteur d'aucune invention géniale. Mais ce fut un ingénieur éminent dans les domaines très variés qu'il rencontra au cours de sa carrière et, en particulier, dans celui de l'économie politique dont il fut l'un des pionniers et dont on a célébré le centenaire, en 1945, à l'École des Ponts et Chaussées.
Né dans le Piémont en 1804 alors sous administration française, Arsène Jules Emile Juvénal Dupuit connu sous le nom de Jules Dupuit est entré en 1822 à l’Ecole Polytechnique en 1824 à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Ingénieur ordinaire au Mans en 1827, il est connu par ses pairs, dont Coriolis, pour avoir réalisé les premières expériences à grande échelle sur l’influence du diamètre des roues sur le tirage des voitures et sur le frottement des roues sur les chaussées. Il trouve une force de frottement dont l'intensité est inversement proportionnelle au carré du rayon de la roue, ce qui l'oppose aux résultats de 1781 de Charles Coulomb et entretient une polémique avec Arthur Morin sur ce sujet. Il milite pour la liberté du roulage et ses recommandations de 1839 furent adoptées par la loi du 30 mai 1851. Il publie en 1844 son plus célèbre mémoire De la mesure de l'utilité des travaux publics, en même temps qu'il est chargé du département de Maine-et-Loire. Il y dirige la construction d'importants ouvrages d'art dont ceux des Ponts-de-Cé sur la Loire en 1849, pour lesquels il met au point une méthode de décintrement par vérins. Témoin des crues de la Loire, il étudie le mouvement des eaux courantes et leur écoulement à travers les terrains perméables d'où il tire la nouvelle alimentation en eau potable d'Angers par une galerie filtrante dans les alluvions du fleuve. En 1850, il prend la direction du Service Municipal de Paris où il s'occupe surtout de l'alimentation en eau et des égouts jusqu’en 1855. C’est à cette époque aussi où il entre à la Société d’Economie Politique et où il développe toute une littérature centrée sur le libre-échange qui le conduira à publier en 1861 La Liberté Commerciale, son principe et ses conséquences. De 1855 à 1866, il entre au Conseil Général des Ponts et Chaussées et s’affirme pleinement comme économiste multipliant ses interventions au sein de la Société d’Economie Politique, de la Société d’Economie Sociale et de la Société de Statistique de Paris. Il meurt en service en 1866.