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LEBON Philippe

Ingénieur

Naissance : 1767[Brachay]
Décès : 1804[Paris]
Promotion IPC : 1787

Philippe Lebon est l'inventeur du gaz d'éclairage et en 1801 du moteur à explosion.


Portrait de LEBON © ENPC

Biographie

Après avoir suivi des cours de dessin et de mathématiques à Châlons-sur-Marne, il est admis en avril 1787 à l'École des Ponts et Chaussées. Classé dixième à l'entrée, il en sort major et y est désigné pour enseigner. Un concours national sur les « machines à feu » dont il remporte le premier prix lui fournit l'occasion d'exprimer son talent d'ingénieur dès 25 ans.
Il suggère alors l'emploi d'une chaudière à foyer intérieur avec des galeries de circulation des flammes, la suppression du balancier et l'adoption d'un nouveau type de condenseur. Ses propositions présentent certaines caractéristiques des futures machines à vapeur mais ne se concrétisent pas
mmédiatement.
Il rejoint en 1793 son poste d'ingénieur ordinaire du corps des Ponts et Chaussées en Charente. Plutôt que de veiller au bon ordre des travaux locaux, il
préfère multiplier les voyages à Brachay et à Paris afin de poursuivre ses recherches scientifiques.
Dès 1796, il établit des règles nouvelles de distillation, à partir d'études sur la vapeur. Il propose de les appliquer à la fabrication des eaux-de-vie, à la formation de sels, à la purification des huiles et à la séparation des parties fixes et volatiles d'une substance quelconque. Le mécanisme de la distillation et les effets de gaz produits lui deviennent familiers. Il parvient ainsi à observer les qualités éclairantes et chauffantes du gaz provenant de la carbonisation du bois.
Le 3 septembre 1799, il présente à Paris une invention qu'il fait breveter. Il propose de distiller le bois dans un vase clos, placé à l'intérieur d'un fourneau de briques. Sa méthode permet d'isoler un gaz inflammable, qui peut être porté à distance pour éclairer et chauffer , de l'acide pyroligneux utile à la formation de chaux métalliques et de vapeurs condensables. Une fois la houille substituée au bois, c'est le gaz d'éclairage et sa cohorte de sous-produits, coke, ammoniac et goudrons, qui peuvent être fournis ndustriellement.
Il se trouve confronté à l'exploitation de sa découverte alors que le gouvernement ne donne pas suite à ses propositions, malgré l'appui des scientifiques de renom, Prony, Gay-Lussac, Darcet et Fourcroy.
En 1801, il fait paraître un livret publicitaire sur les « thermolampes ou poêles qui chauffent et éclairent avec économie » et donne trois représentations d'éclairage au cœur de l'aristocratique faubourg Saint-Germain. En dépit du nombre de spectateurs et d'une bonne presse, les prolongements attendus ne viennent pas, faute de moyens financiers.
En revanche, la rupture de la paix d'Amiens en 1803 rend les fournitures militaires prioritaires.Un territoire en forêt de Rouvray lui est concédé pour qu'il
produise du goudron à partir de la carbonisation du bois. Le 1er  décembre 1804, un frein imprévu arrête tout. Philippe Lebon décède, probablement d'une grave crise de goutte dont il se plaignait depuis plusieurs jours, et non, comme la légende l'a longtemps entretenu, assassiné dans l'ombre
des Champs-Élysées.
L'industrie du gaz manufacturé ne prendra son essor qu'une vingtaine d'années plus tard après s'être développée en Angleterre.