Naissance : 1862[Paris]
Décès : 1938[Le Havre]
Promotion IPC : 1885
Maurice d’Ocagne reste connu comme le père de la « nomographie » permettant de remplacer le calcul par des graphes, grâce en particulier à sa méthode des points alignés.
Après sa sortie de l’Ecole des Ponts, Maurice d'Ocagne est détaché au service hydraulique de la Marine à Rochefort et Cherbourg, et devient en 1891 l'adjoint du directeur du Nivellement Général de la France. Nommé successivement à partir de 1893 professeur d'astronomie et de géodésie à l'École polytechnique, répétiteur de mécanique à Polytechnique et professeur de géométrie descriptive aux Ponts en 1894, enfin professeur de géométrie à Polytechnique de 1912 à 1936, il eut également le titre d’Inspecteur général de l’Ecole des Ponts et en 1901 du service des Cartes et Plans de cette même école. S’il a publié de nombreux mémoires sur la géométrie, il n’en a pas moins oublié les autres parties des mathématiques : invariants algébriques, suites récurrentes, calcul des probabilités. Ce sont surtout ses travaux sur l’application de la géométrie à la science du calcul qui l’on fait connaître, et c’est à la nomographie que son nom reste attaché. Il a cherché très rapidement à retirer de ces méthodes graphiques permettant de remplacer le calcul par l’emploi de dessins préparés à l’avance. Pour la première fois, il devient possible de représenter sur un plan des équations de plus de trois variables. Toutes ces méthodes sont exposées en 1919 dans son grand Traité de nomographie, qu'il complète par de nombreuses applications. Non seulement il a donné une théorie générale qui permet de les classer méthodiquement, mais avec la méthode des points alignés, il opère la représentation des fonctions à l’aide du domaine tangentiel au lieu du domaine ponctuel. Durant la Grande Guerre, le bureau d'études créé pour l'application du calcul graphique utilise des nomogrammes pour tous les calculs qu'implique le tir des pièces d'artillerie. Ainsi en 1917, l’emploi de ces graphiques permet de réduire le temps de préparation d’un tir de 15 minutes à moins de 3. Il a été aussi directeur de la Bibliothèque de mathématiques de France, Président de la Société Mathématique de France et membre de l'Académie des sciences en 1922, il publia les trois volumes de Hommes et choses de sciences de 1930 à 1936… mais rares sont ceux qui connaissent ses essais littéraires ou la comédie intitulée « La Candidate » qu'il signait Pierre Delix ou Philbert Du Plessis !