Naissance : 1862[Guadalajara, Mexique]
Décès : 1946[Mexico City]
Promotion IPC : 1885
Il est appelé el apóstol del árbol (l'Apôtre des arbres) pour son implication dans la défense des forêts de Mexico City. Après ses études d'ingénieur, il intégra le secrétariat d'Etat à l'agriculture du Mexique. Quevedo fonda la Sociedad Forestal Mexicana (Société des forêts mexicaines), et promut la création de petites aires arborées près de chaque gare. Comme ingénieur, il construisit l'immeuble de Banco de Londres y México et fut pionier dans l'usage de l'énergie hydraulique du Río Blanco in Orizaba, Veracruz.
Les efforts draconiens de Quevedo pour défendre les forêts rencontrèrent une résistance violente de la part des campesinos et des grands exploitants qui l'accusèrent d'imposer des mesures trop rigides.
Quand en 1884, Miguel Angel de Quevedo entre à l’École des Ponts et Chaussées, il y est admis sur décision ministérielle en sa qualité de fonctionnaire mexicain. Pourtant il semble bien qu’il soit venu à Paris pour étudier l’astronomie avec Monsieur Camillle Flammarion dans son Institut.
L’École des Ponts et Chaussées avait dû paraître plus raisonnable pour un jeune homme (22 ans) étranger.
Si Miguel Angel de Quevedo est inscrit dans le registre des élèves externes de l'École Nationale des Ponts et Chaussées pour la session 1884-1885 en tant qu'élève externe de 3ème classe, son entrée dans l'École a été pour le moins difficile.
Il apparaît effectivement dans le registre de l'Inspecteur de l'École qu'il a concouru aux cours préparatoires en 1883. Et qu'il a échoué. Très rapidement d'ailleurs. Enregistré sous le numéro 1793 du 11 octobre 1883 dans ce même registre à l'inscription : "Concours pour l'admission des élèves aux cours préparatoires", il est fait référence de l'échec de Miguel Angel de Quevedo en ces termes : "L'examen de ces compositions [écrites, algèbre et géométrie analytique ; graphiques, lavis et épures] a conduit le jury [Gariel, Haag, Pillet et Collignon] à écarter dès le début : […] de Quevedo qui n'avait résolu aucune des questions posées et avait produit des compositions tout à fait nulles".
Toutefois, il lui a été semble-t-il été permis de suivre les cours comme auditeur libre "à titre exceptionnel" comme cela est mentionné dans le même registre lors de sa demande de dispense du concours d'admission traitée sous le numéro 1835. Collignon rajoute d'ailleurs "traiter M. de Quevedo avec une bienveillance particulière à [en] raison des motifs d'ordre privés qu'il nous a confiés jadis". Même si rien de plus n'atteste ces motifs, on sent une complicité dans l'action d'être ingénieur qu'il n'existe sans doute chez peu d'étudiants.
Au sujet de cette formation préparatoire qui permet aux futurs élèves ingénieurs et élèves externes de se préparer au concours d'entrée, elle fut mise en place à partir de 1875. A partir d'examens durant une année, les élèves peuvent postuler au concours d'admission des élèves externes. En 1883, il y avait 13 élèves auxquels on donna des cours théoriques en analyse, mécanique, physique et chimie, enfin de géométrie descriptive avec de la stéréotomie et de l'architecture.
Par le biais d'un ministre du Mexique dont nous ne connaissons pas le titre puisque la lettre initiale n'a pas été retrouvée à ce jour, Miguel Angel de Quevedo fait envoyer une demande de dispense pour le concours d'entrée de 1884 relativement à l'arrêté du 14 février 1852 qui permet aux étudiants recommandés par leur gouvernement d'être dispensé de ce concours. La réponse d'Edouard Collignon, sous le numéro 1835 du registre de l'Inspecteur, est alors très claire : non.
Il refuse d'abord pour la question du principe puisque Miguel Angel de Quevedo ne semble pas réellement être un fonctionnaire à ce moment-là, ou du moins ne l'a-t-il pas affiché : "Doit-on inférer des termes de la lettre de Monsieur le Ministre des affaires étrangères qui nous est communiquée que M. de Quevedo a droit au titre de fonctionnaire de son gouvernement ? Il est permis d'en douter car il eut été plus simple de le dire explicitement, le candidat n'ignorant pas cette cause de dispense."
Il refuse aussi du fait que Miguel Angel de Quevedo n'a pas, selon lui, les capacités nécessaires pour entrer à l'École Nationale des Ponts et Chaussées. Il n'est après tout que bachelier es-sciences : "Nous ajouterons que le diplôme de bachelier es-sciences récemment obtenu […] est loin de suffire pour ouvrir les cours de notre externat, le programme exigé à l'entrée de ces cours étant beaucoup plus étendu que celui des matières […] du baccalauréat."
Il refuse encore puisqu'il a autorisé Miguel Angel de Quevedo à suivre l'enseignement oral des cours préparatoires après son échec en 1883. Bien sûr, il n'aurait pu passer les examens, mais il aurait été préparé pour passer le concours d'admission d'octobre 1884 : "nous pensons qu'il est de son intérêt, même, de se présenter à ces épreuves".
L'intervention de Collignon permet de mieux situer la carrière estudiantine de Miguel Angel de Quevedo : il a été au lycée de Bordeaux.
Bordeaux est la 3ème plus grande ville de France, et tient sa richesse de son commerce maritime et coloniale, notamment de la canne à sucre, de la morue et de l'arachide, et de son ouverture aux pays d'Amérique latine, enfin à celui de l'exportation des bois des Landes. Cette ville, comme Paris, se dote progressivement de grands boulevards, de théâtres, d'une ligne de chemin de fer vers Paris, d'égouts et de l'éclairage des rues en 1860. Après 1875, la ville se dote d'un ensemble de statues monumentales à la gloire de ses figures historiques, de fontaines.
Pour en revenir à Miguel Angel de Quevedo et à son entrée pour le moins étrange à l'École Nationale des Ponts et Chaussées, il semble qu'il a eu suffisamment d'entregent pour pouvoir bénéficier d'une décision ministérielle datée du 30 octobre 1884 lui permettant d'éviter le concours d'admission. Pour autant, cette décision n'est commentée nulle part sur les registres possédés par l'École Nationale des Ponts et Chaussées. La seule mention apparaît tardivement, et sans commentaire, sur le registre des délibérations du conseil de l'École des Ponts et Chaussées n°6 (1878-1896) dans le procès-verbal de la séance du conseil de l'École du 13 février 1885 en 3 lignes : "une décision ministérielle […] qui autorise M. de Quevedo à suivre les cours de l'École des Ponts et Chaussées en qualité d'élève-externe".
Il est bien étonnant de ne rien trouver qui n'ait été rajouté par l'Inspecteur sur le sujet, et en l'absence des lettres originales concernant cette affaire, rien de plus ne peut être dit.
Miguel Angel de Quevedo entre donc dans une classe de 17 élèves dont 10 Français, 3 Roumains, 2 Grecs, 1 Brésilien, 1 Colombien et 2 Mexicains. Manuel de Arrigunaga, l'autre Mexicain de la promotion 1884-1887, resta très proche de l'École Nationale des Ponts et Chaussées puisqu'il fit partie des fondateurs de l'Association des Ingénieurs Civils, anciens élèves de l'École des Ponts et Chaussées. Il écrivit aussi une brochure sur la perspective conique en français.
Durant la scolarité de Miguel Angel de Quevedo se démarquent 2 élèves français : Desroches et Lambert, tous deux conducteurs des Ponts et Chaussées, dont sans doute la réussite fut plus aisée d'une part pour avoir déjà passé des épreuves pour être dans ce corps, ensuite relativement à l'existence de manuels qui leur étaient réservés publiés par Dunod et Vicq, deux grands éditeurs scientifiques et techniques parisiens (cf. "Bibliothèque des conducteurs de travaux publics").
Le 1er étranger à terminer sa scolarité 3ème derrière les 2 conducteurs cités ci-dessus est Brésilien, Lucio Freitas d'Amaral qui fut l'ingénieur qui construisit la ligne de chemin de fer de Recife à Caruaru dans l'état du Céara (Brésil).
Miguel Angel de Quevedo et de Arrigunaga sont des élèves moyens dont, au vu de leurs résultats, il semble que leur souhait n'était autre que de sortir diplômé de cette école.
Les cours allaient de novembre à avril de l'année suivante, le mois de mai étant réservé aux examens de fin d'année afin de déterminer le passage en classe supérieure ou l'obtention du diplôme en en fin de scolarité.