Naissance : 1703[Paris]
Décès : 1769[Paris]
Promotion IPC : 0
Sans Trudaine, pas d'Ecole des ponts...
Après avoir occupé les charges de maître des requêtes, de conseiller d'État, d'intendant de la généralité de Riom, il fut choisi en 1743 par le contrôleur général Orry pour diriger, en qualité d'intendant des finances, le service des ponts et chaussées. Son premier soin fut de créer à Paris en 1744 un bureau de dessinateurs dont la mission était de lever et conserver les plans des grandes routes du royaume. En 1747, un arrêt du conseil du Roi transformera ce "bureau" en école et confiera à Jean Rodolphe Perronet la mise en place d'une formation spécifique des géomètres et dessinateurs de plans et cartes pour leur permettre de remplir avec capacité les différents emplois des ponts et chaussées. Cette formation s'appliquera bientôt à celle des ingénieurs eux-mêmes.
En 1749, Trudaine est nommé Directeur du commerce, fonction considérable puisqu'il gouverne l'ensemble des intendants du commerce de France fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort. En 1750, Trudaine crée le corps des ingénieurs des ponts et chaussées. En 1775, l'école prendra son nom définitif.
Grand administrateur, Trudaine donne également l'impulsion à nombre de grands travaux : les ponts d'Orléans, de Moulins, Tours, Joigny... quelque 10 000 km de routes empierrées reliant Paris aux frontières et aux principaux ports de mer. Ce réseau routier est alors considéré comme l'un des meilleurs d'Europe : routes aussi rectilignes que possible, d'une largeur de 60 pieds (19,40 mètres) bordées d'arbres fournis par les pépinières royales et de fossés entretenus par les riverains. C'est lui qui décide
Il réalise aussi une cartographie très précise de 22 généralités connue sous le nom d’atlas de Trudaine.
Cet homme éclairé, juriste de formation, s'intéresse aussi bien aux lettres qu'aux sciences : c'est ainsi qu'il tente diverses expériences agricoles dans le parc de son château, acclimate des plantes exotiques (il plante même un cèdre du Liban ramené d'Angleterre par Jussieu). Esprit ouvert, il se passionne pour les travaux de Daubenton sur le croisement des moutons et fonde les écoles vétérinaires de Lyon et Alfort. Il s'attache à alléger les charges qui pèsent sur les paysans de l'époque et d'améliorer les conditions de vie de ses concitoyens. Parfait homme du siècle des Lumières, il sait prendre la mesure de l'évolution des sciences de son époque et leur donner l'impulsion voulue.