Naissance : 1815[Bergerac]
Décès : 1901[Beauchamps]
Promotion IPC : 1838
Louis Léger Vauthier est né le 6 avril 1815 à Bergerac, d'un père ingénieur des Ponts, Pierre Vauthier (1784-1847, concepteur du canal de La Linde et inventeur de la formule du mouvement permanent des eaux.)
Après des études à Limoges, il entre en 1834 à Polytechnique, puis en 1836 aux Ponts. Il en ressort 4ème de sa promo.
De 1838 à 1840, il est aspirant-ingénieur au service des ports maritimes du Morbihan, du pont d'Hennebont et avec Frécot il dessine les plans du phare d'Arzon.
En 1840, le président de la province de Pernambouc recherchant un jeune ingénieur pour diriger quelques travaux au Brésil fait appel au Ministre pour lui trouver l'homme idéal, le choix s'arrête sur LLV qui s'embarque en juillet 1840 pour le Brésil avec un autre "ingénieur" Victor Boulitreau (celui-ci a fait les Arts et Métiers, dira sa nécrologie, mais nous n'en avons pas trouvé trace). Arrivé en septembre 1840, il n'en repartira qu'en novembre 1846. Là-bas, il dirige les travaux de construction de nombreuses routes desservant les "engenhos" (sucrerie), fait construire au moins 3 ponts dont sans doute le premier pont suspendu moderne d'Amérique du Sud. Il construit également quelques maisons (architecture néo-classique) dont celle du Président de la province. Il développe le ramassage des ordures, crée des trottoirs et ordonne des plantations d'arbres le long des routes. Dans les "sitios" (maison de campagne) il favorise l'établissement de machines à vapeur notamment pour la réalisation de la "cachaça" (distillation de la canne à sucre). Enfin, il est aussi connu pour avoir diffusé les oeuvres de Fourier, Considérant et Cantagrel, la Phalange et La Démocratie Pacifique. On lui attribue aussi d'avoir été l'un des concepteurs de la revue politique "O Progresso" avec Figueiredo.
En rentrant en France, l'administration le place dans le Cher. Il se présente en 1849 aux élections législatives avec les Républicains Démocrates Socialistes et est élu. Le 13 juin 1849, il signe l'appel de Ledru-Rollin et est arrêté au Conservatoire des Arts et Métiers. En novembre, il est condamné par la Haute Cour de Justice de Versailles à la déportation et de 3 à 5 ans de prison. Il est aussitôt emmené à Belle-Ile où il y reste jusqu'en 1852. En septembre 1854, il est gracié mais contraint à s'exiler.
On le retrouve en 1856 en Espagne sur le canal de l'Ebre. En 1857, il s'inscrit à la Société des Ingénieurs Civils de France. A partir de 1858, il est visiblement dans le Valais où il apparaît en 1860 comme ingénieur en chef de la ligne d'Italie par le Simplon dont il démissionne en 1861.
On ne le retrouve après qu'en 1870 comme chef de bataillon de la Garde Nationale, en 1871, il est élu conseiller municipal dans le XVIIIème arrondissement de Paris quartier de la Goutte d'Or, poste qu'il occupe jusqu'en 1887. Il sera aussi conseiller général de la Seine sur la même période. Il interviendra beaucoup au conseil municipal de Paris et au conseil général de la Seine mais ne put devenir Président car il était sourd.
Il est mort à Beauchamps (Val d'Oise) en 1901. Incinéré eu Père-Lachaise et enterré avec sa famille à Montmartre.
Marié en 1845 avec Elisa Joubert (décédée en 1877), nièce du moraliste, il eut un fils peintre dont quelques toiles se trouvent dans les salles de mariage des mairies de Bagnolet, Thiais, Clichy et Vanves ainsi qu’au Musée d'Orsay.