La conduite des projets de transition énergétique au menu de la 9e Matinale des Ponts

07 novembre 2019

Conduire, sous de fortes contraintes de coûts et délais, les projets dans les énergies renouvelables, les mettre en œuvre en liaison croissante avec les territoires et former les ingénieurs et cadres pour les réussir... telles étaient les thématiques au cœur d'une table ronde organisée le 5 novembre 2019 à la Maison des Ponts. Dirigeants d'entreprises énergétiques et responsable de Mastères spécialisés et Master de l’École des Ponts ParisTech ont échangé sur la mise en pratique de la transition énergétique.

Cet événement organisé par l’École, en présence de Sophie Mougard, directrice, s'inscrit dans le cadre régulier des Matinales des Ponts. Il faisait suite à la rencontre du 2 juillet dernier, portant sur le cadre général de la transition énergétique. Pour cette édition, quatre experts - dirigeants d'entreprises énergétiques et responsables de formation de haut niveau à l'Ecole des Pont ParisTech - ont livré leurs expériences sur la conduite de projets "verts". "Dans les renouvelables, a témoigné Jacques Blein, directeur opérationnel des projets chez Engie, nous connaissons à la fois, un changement majeur d'échelle en terme quantitatif, des ruptures technologiques liées notamment au digital et enfin l'arrivée de nouveaux modèles énergétiques de type décentralisé. Dans ce contexte, la capacité à gérer des projets, par nature de plus en plus nombreux, que ce soit dans l'éolien, le solaire ou l'efficacité énergétique, devient un facteur clé de succès pour les grands opérateurs."

L'implication des collectivités dans la transition énergétique est aussi une tendance forte. Comme l'a souligné Thierry Hommel, responsable pédagogique du nouveau MasterTransition énergétique et territoires lancé par l'École en septembre dernier, les réformes territoriales successives et le cadre législatif comme la Loi Énergie-Climat adoptée fin récemment, donnent plus de poids aux collectivités. Selon lui, il y a surtout une volonté des acteurs locaux de s'approprier les processus de décisions énergétiques voire de devenir acteurs à l'échelle d'un quartier, d'une ville ou d'un territoire rural. "Cela nécessite notamment de forts besoins de compétences et c'est cette réflexion qui a conduit à la création de notre Master", a-t-il expliqué.

La multiplication des projets dans l'électricité renouvelables a replacé au premier rang l'importance des réseaux et des interconnexions électriques a exposé, pour sa part, Gérard Auriol, directeur délégué d'Enedis. Selon lui, "les territoires ne sont plus simplement des consommateurs branchés sur des systèmes de génération centralisés mais deviennent producteurs avec une contrainte forte celle de l’intermittence. Cela signifie un effort sans précédent d'Enedis dans les smart grid ou les système de mesure fine de la demande comme le projet Linky".

Directeur du Mastère spécialisé Management of energy projects, lui aussi lancé à la rentrée, Louis-François Durret, a, enfin pointé combien la conduite de projets énergétiques requérait désormais une dimension holistique. Selon lui : "La réussite passe par la prise en compte et l’adaptation agile à de multiples facteurs : techniques et financiers, bien sûr mais aussi, de plus en plus, réglementaires, sociaux ou sociétaux. Négliger l'un de ses aspects peut vite conduire à des impasses. Nous insistons beaucoup sur cette approche dans le cursus de formation du Mastère spécialisé".